Biographie & Discographie

Marshall Bruce Mathers III naît à St. Joseph dans le Missouri le 17 octobre 1972 et grandit dans une banlieue sordide de Detroit. Abandonné par son père, il trouve sur son chemin Proof, membre fondateur du collectif de rappeurs D12, avec qui il se lie d’amitié. Il se fait remarquer des circuits indépendants avec Infinite en 1996, marqué par l’influence de Nas et AZ entre autres. Des textes plus sombres font leur apparition sur The Slim Shady EP en 1997 mais les critiques ne savent pas comment classer ce rappeur blanc maniant avec une telle aisance l’humour et l’irrévérence. Chaque semaine, Eminem apparaît dans l’émission de radio californienne The Wake Up Show où ses improvisations font le bonheur des auditeurs. C’est là que Dr. Dre le découvre et lui propose de signer avec son label Aftermath Entertainment, distribué par Interscope Records.

The Slim Shady LP sort en 1999 et suscite la controverse en raison de textes plus durs que de prime abord. Cela n’empêche pas l’album de connaître un immense succès, à la faveur notamment de titres tels que « My Name Is », l’un des morceaux les plus populaires de l’année. Pour son album suivant, The Marshall Mathers LP, en 2000, Eminem s’attaque à de nombreuses stars du moment, telles que Christina Aguilera ou Fred Durst, chanteur de la formation neo metal Limp Bizkit. Il ne s’épargne pas non plus, passant au crible ses relations avec sa femme, Kim, ou même avec sa propre mère tout en prenant ses distances avec sa condition de star du rap.

Dans le collimateur des ligues de défense des homosexuels jugeant certains de ses propos homophobes, Eminem est menacé de boycott lors de la cérémonie des Grammy Awards en 2001 mais répond en interprétant le morceau « Stan » aux côtés d’Elton John. Eminem n’hésite jamais à tacler ses principaux adversaires microphoniques, qu’il s’agisse de Ja Rule ou bien Benzino, l’un des fondateurs du magazine The Source à l’origine des pires critiques émises à son encontre. Le rapport difficile d’Eminem avec la drogue le contraint à subir une mise à l’épreuve de deux ans, prenant en effet en 2001, mais le rappeur prend toutefois le temps de célébrer son amour des cachets sur « Purple Pills » avec ses camarades de D12 sur l’album Devil’s Night. Mais Proof, le mentor d’Eminem et maître à penser du collectif de Detroit sera assassiné d’une balle dans la tête le 11 avril 2006.

Avant ce tragique épilogue, Eminem décide, avec l’aide d’Interscope, de monter son propre label, Shady Records, encouragé par son manager Paul Rosenberg. D12, Obie Trice puis 50 Cent en 2002 et Stat Quo en 2003 sont les premiers artistes signés. Il devient aussi producteur sur de nombreux albums, comme Renegade de Jay-Z ou The Cross de Nas, ainsi qu’un nouvel album posthume de 2Pac, Loyal to the Game. Avec The Eminem Show en 2002, le rappeur montre un peu plus de clémence envers ses adversaires même si Moby ou Fred Durst en prennent encore pour leur grade. S’inspirant de son vécu, le film 8 Mile sort en novembre de la même année avec Eminem en tête d’affiche, qui interprète notamment le morceau « Lose Yourself » pour lequel il remporte un Oscar en 2003.

Dans le prolongement de cette année exceptionnelle, il publie Encore en 2004 et connaît un immense succès. Il s’y moque ouvertement des opérations de chirurgie plastique subies par Michael Jackson dans le morceau « Just Lose It » ou même du gouvernement, appelant tous les mécontents à se diriger vers la Maison Blanche dans « Mosh ». En 2005, avec la parution d’une compilation intitulée Curtain Call : The Hits, beaucoup croient comprendre qu’Eminem va se mettre en retrait, mais il accentue surtout ses efforts sur les artistes de son label, Stat Quo ou Bobby Creekwater et collabore avec Akon. C’est avec Dr. Dre à la production qu’il revient aux affaires en 2009 avec l’album Relapse, retraçant le parcours du rappeur en cure de désintoxication. Un an plus tard, alors qu’il prévoyait de sortir Relapse 2, il change son fusil d’épaule et accueille une pléiade de collaborateurs, dont Rihanna, Lil Wayne ou Pink, sur son septième album studio, Recovery. En novembre 2013, il délivre son successeur, The Marshall Mathers LP 2, produit par Dr. Dre et Rick Rubin. Il accueille les participations de Rihanna et Kendrick Lamar.

Le rappeur bat de nouveaux records avec ce disque : numéro un aux États-Unis et en Angleterre, il égale les Beatles pour le record du nombre singles simultanés dans le top 20 US (4) et pour le nombre d'albums consécutifs classés numéro un en Angleterre (7). En août 2014, le rappeur partage six concerts exceptionnels avec Rihanna dans le cadre d'une fructueuse (36 millions de dollars) mini-tournée américaine baptisée The Monster Tour, en référence au troisième duo que les deux artistes viennent de signer, "The Monster". En mars 2015 paraît un coffret rétrospectif de dix vinyls, baptisé The Official Eminem Box Set. Mais loin de verser dans la nostalgie, Eminem se montre toujours aussi actif. Ainsi, il produit la bande originale du film La Rage au Ventre, pour laquelle il offre deux nouvelles chansons, "Phenomenal" et "Kings Never Die" (en duo avec Gwen Stefani). Il endosse également ce rôle pour l'album de Skylar Grey, mais ne résiste pas à l'envie de prendre le micro à cette occasion sur la chanson "Kill For You", qui sort en septembre 2016. L'année suivante sonne le grand retour d'Eminem qui doit publier Revival en fin d'année, après s'être ménagé un fameux buzz suite à sa charge contre Donald Trump lors d'un freestyle télévisé. Un premier single quatre étoiles, "Walk on Water" est dévoilé, avec rien de moins que Beyoncé en guest star. Mais l'accueil est très timide de la part du public, si bien que la sortie est reportée, la rumeur disant que le rappeur est reparti en studio pour retravailler quelques pistes.

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