Biographie & Discographie

Cordozar Calvin Broadus Jr. voit le jour le 20 octobre 1971 à Long Beach, en Californie. Dès son enfance, il hérite du sobriquet de « Snoopy », qu’il conservera pour son nom de scène. C’est sa mère qui le surnomme ainsi en raison de son intérêt pour le dessin animé Peanuts, dans lequel apparaît le chien du même nom. En grandissant, « Snoop » se départit de cette innocence et intègre un gang. Il multiplie les passages par la case prison avant de trouver sa voie dans le rap. Il s’associe à son cousin Nate Dogg et son ami Warren G pour former le trio 213 (le code postal de Long Beach). Ce dernier le recommande auprès de son demi-frère, Dr. Dre, qui lui propose en 1992 de participer à la bande originale du film Deep Cover. Une puissante complicité musicale s’installe entre les deux hommes, au point que Snoop Doggy Dogg intervient sur les trois-quarts des morceaux du premier album solo de Dr Dre, The Chronic et qu’en retour ce dernier participe activement à Doggystyle, celui de son compère.

Ces débuts sont toutefois entachés pour Snoop Dog par ses démêlés avec la justice, dans le cadre du meurtre du membre d’un gang rival. Cela n’empêche toutefois pas ce premier effort d’être accueilli avec enthousiasme par le grand public au point qu’il devient le premier album de rap de l’histoire à se classer numéro un des charts. Son single, « Gin And Juice », suit le même chemin, intégrant le top 10 des chansons les plus diffusées aux Etats-Unis. Son deuxième album, The Doggfather, connaît également un vif succès, bien que se débattant avec l’abandon de Dr Dre qui a quitté Death Row Records qu’il avait lui-même fondé, ainsi qu’avec les clichés du gangsta rap, récupérés par nombre d’artistes depuis son succès.

À la surprise générale, en vue du suivant, il décide de signer avec No Limit Records, le label de la Nouvelle Orléans, tenu par le néo-milliardaire Master P., qui, entretient la réputation de standardiser les productions de ses poulains (à commencer par les pochettes au design douteux). Les critiques éreintent Da Game is to Be Sold Not to Be Told, sans parvenir à ralentir le train des ventes de Snoop Dogg, qui a au passage réduit son nom de scène en se débarrassant de « doggy ». L’artiste parvient à nouveau à concilier critiques favorables et ventes massives à l’occasion de son successeur, No Limit Top Dogg, qui sonne les retrouvailles de Snoop Dogg avec son compère Dr Dre. Son dernier album pour No Limit Records, The Last Meal, paraît l’année suivante.

Il signe finalement chez Capitol Records pour Paid tha Cost to Be da Bo$$, sur lequel il entame une collaboration avec le jeune Pharrell Williams, membre du duo de producteurs The Neptunes. Celle-ci s’intensifie sur le disque suivant, (Rhythm & Gangsta) : The Masterpiece, avec notamment le single « Drop it Like it’s Hot », le premier titre de Snoop Dog à atteindre la tête des ventes. Fort de ce succès constant, il s’offre deux parenthèses qui lui tiennent à cœur : une incursion dans le cinéma, dans le rôle d’Huggy-les-bons-tuyaux dans le remake de Starsky et Hutch, et la réunion le temps d’un album, The Hard Way, du trio de ses débuts, 213. En 2006, il redonne priorité à sa carrière avec The Blue Carpet Treatment, qui dévoile un Snoop revenant à son flow rageur.

Sur le suivant, Malice N’Wonderland, il ouvre une nouvelle phase, plus R'n'B, et accueille un grand nombre de collaborateurs : Brandy, R. Kelly, Lil’Jon, Soulja Boy Tell ‘Em, entre autres. More Malice lui fait suite avec cinq nouveaux titres et des remixes. Ce même souci d’ouverture motive Doggumentary, en 2011, à la fois très autobiographique et recevant nombre d’invités de tous horizons, comme Gorillaz ou Willie Nelson. En 2013, de passage par la Jamaïque, Snoop Dog découvre le rastafarisme, décide de se rebaptiser Snoop Lion et de traduire sa nouvelle passion pour le reggae en musique sur Reincarnated, qui enregistre la participation de Diplo et Major Lazer. L’échec commercial de cette tentative va mettre un terme à cette soudaine conversion. En 2015, il tente un retour aux sources avec Bush, marqué par le funk et produit par Pharrell Williams, mais multiplie les crossovers avec des invités surprenants comme Robin Thicke, Charlie Winston, Justin Timberlake, Stevie Wonder. Il en extrait trois singles : "Peaches N Cream", "So Many Pros" et
"California Roll".
L'année suivante, il renoue avec la veine hip-hop au détour de l'album Coolaid. Pour l'occasion, il invite une pléiade de producteurs (J Dilla, Niggarachi, Rockwilder, KJ Conteh, Jazze Pha, Timbaland, Snagz, Fingazz, Nottz, Just Blaze, Cardo, Cubeatz, Swizz Beatz, Musicman Ty, Avenue Beatz, Daz Dillinger, Dazmin, Soopafly) et de chanteurs (Too $hort, Swizz Beatz, Jeremih, Wiz Khalifa, Trick-Trick, E-40, Jazze Pha, Suga Free et October London). En mars 2017, Snoop Dogg participe au titre "Lavender" de BadBadNotGood, accompagné d'un clip pour le moins controversé, puisqu'il pointe une arme factice sur le Président ds États-Unis, Donald Trump. Deux mois plus tard, le rappeur publie un nouvel album, Neva Left, dont le premier single, "Mount Kushmore", accueille B-Real (Cypress Hill), Method Man (Wu-Tang Clan) et Redman. Mais il ne met pas plus de quelques mois avant de sortir encore un autre projet, cette fois un huit-titres, baptisé Make America Crip Again. Il fait bien sûr référence au slogan de campagne du Président Trump. Le terme "Crip", renvoie, lui, au nom d'un gang afro-américain des Crips, que l’on reconnaissait à leur tenue bleue, et qui défendait les droits civiques selon le rappeur.

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