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Rosalía : à Lyon, la chanteuse livre un concert aux airs d'opéra débridé pour ouvrir sa tournée mondiale

La chanteuse espagnole a livré le premier concert de sa tournée mondiale à Lyon ce lundi 16 mars. Un moment hors du temps.

Rosalía lors de son concert à Lyon

Crédit : Gareth Cattermole

AFP & Nassim Aziki

Surgie d'une boîte géante en tenue de ballerine, la star espagnole Rosalia a ouvert le premier acte de sa tournée mondiale lundi soir à Lyon, entre envolées lyriques et exaltation désinhibée. La chanteuse catalane, connu pour ses tubes imparables, a entamé ce concert, aux airs de véritable spectacle, par plusieurs morceaux de son dernier album "Lux", à commencer par Sexo, Violencia y Llantas et Reliquia. Sur les pointes ou drapée de blanc, elle a fait le pari d'une ouverture épurée et mystique, où la danse est omniprésente.

Le percutant Berghain, en hommage au célèbre club techno de Berlin, a conquis le public, avant que l'artiste n'ouvre un autre volet dédié à sa période Motomami, plus entraînante et marquée par le claquement du flamenco sur le parquet qui recouvre la scène. Entourée de danseurs aux chorégraphies contemporaines, Rosalia est aussi accompagnée par un orchestre d'une vingtaine de musiciens installés dans la fosse, au milieu du public. "C'est une artiste qui a réussi à toucher un public très large avec une musique excellente. Sur le plan technique, elle est brillante", s'enthousiasme Isabel, une fan de 32 ans, venue spécialement de Barcelone pour assister au lancement de ce "Lux Tour". "Avant, elle faisait une musique plus commerciale, maintenant elle a sorti un album très différent", abonde son voisin Eduard, 36 ans, Catalan lui aussi.

Base arrière de la capitale, la LDLC Arena permet aux superstars un tour de chauffe dans une grande salle sans pour autant être sous les projecteurs de Paris, où Rosalia se rendra les 18 et 20 mars, quatre mois après la sortie de Lux (lumière en latin). À 33 ans, la chanteuse est au sommet de son art et teinte chaque opus d'un univers musical propre, sublimé par sa voix. Ses débuts riment avec le flamenco (Los Angeles, 2017) et réinventent ce folklore andalou (El mal querer, 2018), puis son reggaeton embrassant une électro-pop expérimentale (Motomami, 2022) la propulse pour de bon sur la scène internationale.

"Elle repousse les limites de la pop"

"Elle se distingue en repoussant les limites de la musique pop. C'est une approche innovante et stimulante de la création musicale, destinée à un large public", résume à l'AFP Jordi Bianciotto, critique musical au journal espagnol El Periodico. Ses derniers concerts en France, en 2022 et 2023, avaient marqué les esprits, entre travail scénique ciselé et proximité avec un public d'horizons divers. "Ce qui me plaît beaucoup c'est sa personnalité. J4aime son accent, comment elle s'habille, et elle parle tout le temps dans d'autres langues dans ses musiques", confie à Lyon Valentina, long foulard en dentelle dans les cheveux, venue de Marseille en famille pour vivre, à 11 ans, son tout premier concert.

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Accompagnée par l'Orchestre symphonique de Londres, la star catalane livre une oeuvre puissante, truffée de références mystiques, chantée en 13 langues, avec des invités de marque parmi lesquels les Français Guy-Manuel de Homem-Christo (Daft Punk) et Charlotte Gainsbourg. Emancipée des carcans commerciaux de la pop mondialisée et de la figure-type de la star latina (Shakira, Jennifer Lopez), Rosalia emprunte un chemin alternatif, à plusieurs degrés de lecture. 

"Si je pouvais retourner à l'université, j'étudierais la philosophie et la théologie... Nous sommes aujourd'hui tellement divisés. En tant que personne, j'aspire à l'exact opposé", confiait Rosalia au Monde, en novembre. Aux yeux de Florencia, fan argentine de 36 ans rencontrée à Lyon, "ce n'est pas seulement sa musique, mais aussi parce qu'elle fait quelque chose de tellement novateur qu'elle se démarque de tous les autres. Je la vois comme une icône féministe de ces dernières années". Rosalia avait déjà donné un indice de l'atmosphère qui pourrait régner sur cette tournée, pilotée par le géant Live Nation, autour de l'intense morceau Berghain en duo avec Björk. Elles ont électrisé fin février la scène des Brit Awards, cérémonie anglaise de récompenses, jusqu'à un paroxysme techno en hommage au célèbre club de Berlin.

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